· Conseil

Le burn out, le mal du siècle ?

Nous entendons parler depuis quelques années de Burn out, bore out, brown out...

Je peux vous dire que je n’aurai jamais cru dire un jour que j’ai fait un burn out. J’étais Responsable RH, et de par ce poste, j’ai vu et accompagné des personnes dans ce cas. C’est un sujet complexe et délicat. De mon côté, j’étais dans un tel déni que je me suis laissée glisser vers cet état. Il m’a pris petit à petit jusqu’au jour où j’ai craqué, mon dos m’a lâché, ensuite ma tête. Je n’avais plus d’énergie, d’envie…j’ai réussi à me relever grâce à moi-même, à mon cercle personnel et au corps médical qui a su m’accompagner et me donner les clés du tunnel.

Je vous raconte dans cet article qu’est-ce qu’un burn out, qui peut être concerné, quels sont les signes, comment voir qu’une personne de son entourage professionnel ou personnel entre dans cette phase.

KESAKO ?

Le terme burn out a fait son apparition dans les années 60 à travers le roman de l’écrivain anglais Graham Greene ; Il raconte l’itinéraire d’un architecte fatigué de trop de travail et trop de succès, le bore out résulte de l’ennui par sous-charge de travail et le brown out est la conséquence de ne pas trouver de sens à son travail.

Le burn out s’inscrit comme une conséquence des Risques Psychosociaux (RPS). Elle doit être pris en compte dans le cadre des actions de prévention au sein des entreprises qu’elles doivent intégrer à ce titre dans leur Document Unique ; la prévention incombant avant tout à l’employeur.

Cette pathologie est multi forme et traverse les siècles. Le burn out se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel.

Il y a différents types de burn out, il y a différents niveaux, il y a différentes manières de le subir et différents impacts sur soi.

On peut passer par différentes étapes et phases si elle dure dans le temps elles conduisent au burn out, à la dépression : stress prolongé, intense, anxiété, angoisse, panique…

Qui est concerné ?

Souvent on ne sait pas qu’on est en route du burn out, ou au début d’un burn out

1 personne sur 4 fera un burn out dans sa vie !

Les hommes sont autant concernées que les femmes, dans toutes les professions, ils ont font partis : les responsables managériaux, le personnel RH...

Ces personnes sont dépeintes comme très actives, motivées, enthousiastes, disponibles, ne refusant pas les heures supplémentaires (question d’engagement et de sur engagement), perfectionnistes, droites, dotées d’une forte conscience professionnelle, ambitieuses, avec des idéaux de performances et de réussite. D’où la difficulté à dire aux personnes présentant un risque, de réduire leur activité. Personnes en quête de reconnaissance et de récompense, souvent en recherche de contenter l’employeur. Elles sont également persévérantes, ont du mal à déléguer, à définir des priorités et à travailler en équipe. Le plus souvent elles rencontrent des difficultés à poser des limites et à s’arrêter. On peut parler de personnes hyper connectées ». C'est une définition générale, je ne m'y retrouve pas entièrement dans ce descriptif par exemple.

Les causes du burn out

Le syndrome d’épuisement professionnel provient de la rencontre entre un individu et une situation de travail dégradée.

- L’intensité et la complexité du travail (surcharge de travail, imprécision des missions, objectifs irréalistes...)

- Les horaires de travail difficiles

- Les exigences émotionnelles importantes

- L’autonomie et marges de manœuvre

- Les relations dans le travail (conflits interpersonnels, manque de soutien du collectif de travail, management toxique)

- Les conflits et valeurs (qualité empêchée, travail inutile), l’insécurité de l’emploi et du travail.

Comment repérer un burn out ?

Souvent on ne sait pas qu’on est en route vers le burn out, ou au début d’un burn out, voici quelques signes qu’on peut voir en nous :

  • Sentiment de perte de contrôle, humeur triste, l’individu devient irritable et parfois avec aucune émotion.

  • Trouble du sommeil, fatigue chronique, tension musculaires, variations de poids, troubles digestifs, céphalées, nausées, vertiges.
  • Diminution de la concentration, difficulté à prendre des décisions, à nuancer, risques de fautes, d’oublis, troubles de la mémoire.
  • Isolement social avec parfois des comportements agressifs, violents, cynisme, addictifs, repli sur soi.
  • Désintérêt progressif, perte de confiance en soi, perte de sens

Les premiers signes que vous pouvez voir chez les personnes :

  • Des plaintes régulières sur la sur-charge de travail
  • L’absence de nouvelles idées alors qu’auparavant créatif
  • Résistance au changement inhabituelle
  • Plusieurs erreurs sur des dossiers et soucis de concentration
  • Attitudes négatives permanentes
  • Repli sur soi, moins de contacts avec les autres
  • Des absences plus fréquentes pour maladie
  • Moins de sourire, de bienveillance
  • Manque de patience....

Soyez attentif à votre entourage, vous-même n’êtes pas à l’abri. Soyez une écoute pour la personne, encouragez là, à consulter un médecin, à s’exprimer.

Le burn out n'est pas dû à une quelconque fragilité de la femme. Il n'est pas dû au fait qu'elle aurait un passé plus douloureux qu'une autre mais résulte de l'interaction avec son entourage. Inutile de lui donner des médicaments : ce n'est pas elle qui est à soigner mais son environnement qui est à repenser. Ce n'est pas non plus une pathologie réservée aux femmes. Isabelle Filliozat

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK